Intégration régionale : le pari risqué de l'Algérie d'un "Maghreb de l'action" sans le Maroc

Rédigé le 30/04/2024
LeMag .africa


L'Algérie a changé de cap sur l'intégration régionale au Maghreb. Le président Tebboune avait affirmé vouloir organiser des rencontres inclusives, l'agence de presse officielle algérienne a révélé les véritables intentions d'Alger : créer un nouveau bloc régional excluant le Maroc.

Ce projet, appelé "Accord de Carthage" ou "G3", réunirait l'Algérie, la Tunisie et la Libye, excluant le Maroc. L'APS a qualifié cette alliance de "Maghreb de l'action" destiné à remplacer l'Union du Maghreb Arabe jugée moribonde.

Cela soulève des questions sur la position future de la Libye. Si Tripoli pense que ce projet vise à écarter le Maroc malgré les assurances d'Alger, elle pourrait y renoncer.

Cette initiative algérienne est un camouflet diplomatique pour le Maroc. Rabat cherche à préserver son influence dans la région, notamment sur le dossier libyen, et à contrebalancer le poids de son voisin de l'Est. Les tensions risquent de s'accentuer.

La nouvelle donne régionale souligne les divergences entre les visions marocaine et algérienne de l'intégration au Maghreb. Le Maroc prône l'inclusion de tous les pays, l'Algérie semble opter pour une approche exclusive visant à renforcer son leadership régional, au prix d'une nouvelle fracture géopolitique.