La politisation du sport par l'Algérie nuit aux athlètes et aux relations régionales

Rédigé le 06/05/2024
LeMag .africa


Le différend sportif qui oppose l'Algérie au Maroc a pris une tournure inquiétante ces derniers mois. La décision de l'Algérie de retirer ses équipes de plusieurs compétitions se déroulant au Maroc semble motivée par des considérations plus politiques que sportives. Cette instrumentalisation du sport a des conséquences néfastes pour les athlètes algériens et les relations entre les deux pays voisins.

Des jeunes talents comme la gymnaste Kaylia Nemour, championne du monde en titre, voient leurs rêves olympiques compromis par le boycott décrété par leur gouvernement. Idem pour l'équipe nationale de handball, privée de compétition. Ces sportifs sont pris en otage dans un conflit qui les dépasse.

Au-delà des athlètes, c'est tout le sport régional qui pâtit de ces tensions. L'affaire des maillots de l'équipe marocaine confisqués à l'aéroport d'Alger illustre l'absurdité de la situation. Le rejet par le Tribunal arbitral du sport de l'appel algérien risque en outre d'exposer le pays à des sanctions, voire à une exclusion des prochaines éliminatoires de la Coupe du monde 2026.

Derrière ces manœuvres, le calcul politique du gouvernement algérien semble clair : attiser le sentiment anti-marocain pour gagner en popularité et faire oublier les difficultés intérieures à l'approche de la présidentielle de 2024. Mais jouer ainsi avec le sport est un jeu dangereux. Cela attise les rancœurs entre les peuples et éloigne la perspective d'une normalisation des relations entre Alger et Rabat.

Il est temps que les dirigeants algériens fassent preuve de responsabilité. Le sport doit rester un vecteur de rapprochement et d'émulation positive, pas un instrument au service d'ambitions politiciennes. Les athlètes et les supporteurs, algériens comme marocains, méritent mieux que d'être les dommages collatéraux de querelles diplomatiques. Place au sport et à la fraternité entre les peuples !