Élections générales en Afrique du Sud 2024 : L'ANC peut-il conserver sa majorité absolue ?

Rédigé le 18/05/2024
LeMag .africa

Les élections générales du 29 mai 2024 en Afrique du Sud s'annoncent comme un moment décisif pour le pays et pour le Congrès national africain (ANC), au pouvoir depuis la fin de l'apartheid en 1994. Selon les derniers sondages, l'ANC pourrait pour la première fois obtenir moins de 50% des voix, ce qui obligerait le parti à former une coalition pour gouverner. Quels sont les enjeux de ce scrutin historique ?



Contexte politique : La fin de l'hégémonie de l'ANC ?

Depuis près de 30 ans, l'ANC domine la vie politique sud-africaine, remportant toutes les élections avec une majorité absolue. Cependant, la popularité du parti s'est érodée ces dernières années, sur fond de scandales de corruption, de mauvaise gestion des services publics et de difficultés économiques persistantes. Les présidences de Jacob Zuma et de Cyril Ramaphosa ont été entachées par des affaires qui ont entamé la confiance des électeurs.

Des défis socio-économiques majeurs

Le prochain gouvernement devra s'attaquer à des problèmes de taille. Le chômage, notamment chez les jeunes, atteint des niveaux record. Plus de 60% des 15-24 ans sont sans emploi. La pauvreté et les inégalités restent criantes. La criminalité et la corruption gangrènent le pays. Enfin, les coupures d'électricité à répétition pénalisent l'économie et exaspèrent la population. Autant de défis qui alimentent la grogne sociale et le désenchantement politique.

Principaux partis et personnalités dans la course

Mené par le président sortant Cyril Ramaphosa, l'ANC espère conserver sa majorité malgré ses divisions internes et la concurrence de nouveaux venus comme le parti de l'ex-président Jacob Zuma.

Principal parti d'opposition, l'Alliance Démocratique (DA) de John Steenhuisen mise sur une stratégie de coalition avec les petites formations pour tenter de déloger l'ANC du pouvoir.

À la gauche de l'échiquier, les Combattants pour la Liberté Économique (EFF) de Julius Malema séduisent une partie de la jeunesse et des déçus de l'ANC avec un programme populiste radical.

Quels scénarios après le 29 mai ?

Si l'ANC passe sous la barre des 50%, il sera contraint de former une coalition, probablement avec des partis centristes comme la DA. Mais la stabilité d'une telle alliance n'est pas garantie, comme l'ont montré les échecs de coalitions locales par le passé.

Sur le plan économique, les marchés pourraient réagir favorablement à un gouvernement incluant la DA, mais s'affoler si l'ANC s'allie avec des formations aux accents plus populistes.

Une chose est sûre : la prochaine équipe dirigeante, quelle qu'elle soit, devra lancer des réformes profondes et redresser la gouvernance pour restaurer la confiance et relancer le pays. L'ère de l'ultra-domination de l'ANC touche peut-être à sa fin, mais l'avenir de la nation arc-en-ciel reste à écrire.

Les élections du 29 mai 2024 seront scrutées bien au-delà des frontières de l'Afrique du Sud. Près de 30 ans après l'avènement de la démocratie, le pays est à la croisée des chemins. L'ANC parviendra-t-il à se réinventer pour garder les rênes du pouvoir ? Ou les électeurs tourneront-ils la page en optant pour l'alternance ? Réponse dans les urnes, avec des répercussions majeures pour la stabilité et la prospérité de la première puissance industrielle du continent.