L'Algérie peut-elle vraiment décupler son tourisme d'ici 2030 ?

Rédigé le 05/06/2024
Naofel Brahem


L'Algérie affiche de grandes ambitions pour son secteur touristique. Le gouvernement vise à attirer pas moins de 12 millions de visiteurs par an d'ici 2030, contre seulement 3,3 millions en 2023. Un objectif pour le moins audacieux, qui soulève des questions sur la capacité réelle du pays à réaliser un tel bond en si peu de temps.

Certes, les autorités algériennes ne manquent pas de projets pour tenter de séduire les touristes étrangers. Pas moins de 2000 projets hôteliers ont été approuvés, dont 800 seraient en cours de construction. De vastes terrains ont été réservés aux investisseurs. Des efforts sont déployés pour restaurer des sites historiques comme la Casbah d'Alger. Le pays mise aussi sur ses atouts naturels, des plages aux montagnes en passant par le désert.

Mais entre les effets d'annonce et la réalité du terrain, il y a souvent un gouffre. L'Algérie souffre encore de sérieuses lacunes en termes d'infrastructures touristiques, de transport et de services. Sa capacité hôtelière reste très limitée. Sa réputation en matière de sécurité et de marché du travail est à améliorer.

Surtout, attirer les touristes ne se décrète pas. Il faut une stratégie de promotion efficace, un environnement des affaires favorable, une main d'oeuvre qualifiée, une offre diversifiée et de qualité. Autant de défis qui demanderont du temps et des investissements colossaux pour être relevés.

Bien sûr, l'Algérie a des atouts à faire valoir. Son patrimoine culturel et ses paysages sont incroyables. Sa volonté de miser sur un tourisme durable est louable. Mais de là à multiplier par quatre son nombre de visiteurs en l'espace de 7 ans, il y a un pas qui semble bien difficile à franchir. Le pari est osé. Seul l'avenir nous dira s'il était réaliste ou non.